Parce qu'il y a un an, des petits cons nous ont
Parce qu'il y a un an, des petits cons nous ont atteint dans notre chair en nous arrachant une partie de notre vie, un cocon d'amitié, un lieu avec une âme.
Parce qu'il y a un an, je perdais une autre raison de vivre.
Parce qu'il y a un an, quand je me suis réveillée, notre club d'aviron n'était plus qu'un tas de cendres.
Je croyais la blessure un peu cicatrisée, mais ces dernières jours, elle s'est rouverte malgré moi, béante, insupportable, douloureuse. Les images du bonheur passé m'ont envahie, suivies très vite par celles du pire, de l'horreur : le feu, la fumée, les pompiers, les visages défaits, les regards vides, les larmes. Aujourd'hui, les mêmes mots se bousculent en moi : douleur, souffrance, haine, injustice, vengeance, méchanceté gratuite, laxisme, incompréhension.
Croire en une source diabolique supernaturelle n'est pas nécessaire ; les hommes sont capables de toutes ces méchancetés par eux-mêmes.
Joseph Conrad