C'était il y a deux ans. C'était hier. C'était
C'était il y a deux ans. C'était hier. C'était trop tôt.
Ne me demandez pas d'être gaie,
Ne me dites pas que ça va passer :
Épargnez-moi ces lieux communs,
Tous ces "ça ira mieux demain".
Mon temps marche à l'envers :
Il devrait m'éloigner d'hier,
Mais le manque et l'absence crient
Dans chacun de mes aujourd'hui.
Plus personne ne me parle de papa.
Je redoute que les gens l'oublient, parfois.
J'aimerais me rapprocher de lui,
Mais aucune de mes tentatives n'aboutit.
Est-ce la douleur qui me paralyse
Ou le refus de la réalité qui m'enlise ?
Privée des souvenirs que je ne sais pas apprivoiser,
Je sens, chaque jour, le fossé se creuser.
Heureusement, quand j'entends cette phrase-là,
"Tu es exactement comme ton papa",
J'y vois un cadeau exceptionnel,
Certains diraient un don du ciel.
J'ai donc gardé un petit bout de lui en moi
Qui, inconsciemment, guide mes pas.
Peut-être, finalement, que je me perds à le chercher,
Alors qu'il ne m'a jamais quittée...