Le 25 août 2005, ma vie a basculé. Un enchaînement d'événements dramatiques. Et un an après, j'entends toujours ceux qui me disent "Avec le temps, tu verras, ça ira." Connerie ! Triple connerie ! Un an après, c'est pire. Il faudrait pardonner, oublier, accepter, "faire avec". Mais comment ? Me forcer à garder l'espoir est bien la seule chose qui me permette d'avancer.

Lorsque l’on perd quelqu’un, on croit avoir perdu du même coup le monde entier, mais après, il en va différemment. Un jour, on finit par redresser la tête et regarder par la fenêtre. Et on s’aperçoit que tout ce qui existait avant que le monde ne prenne fin est resté en place. Ce sont les mêmes pommiers, les mêmes oiseaux qui chantent, et au-dessus de nos têtes un ciel identique qui brille, égal au paradis, si loin dans les hauteurs qu’il est malaisé d’espérer qu’on puisse l’atteindre un jour.
Alice Hoffman